Historique de la Fondation

1956 : l'Idée

C'est la reconnaissance, l'impérissable souvenir, le désir de prolonger son oeuvre, son éthique qui sont à la base de l'idée, puis de la réalisation de la Fondation par un groupe d'hommes, d'amis ayant connu et aimé Auguste Escoffier et travaillé avec lui, à Londres, au Savoy Hôtel et au Carlton.

Ces hommes, les premiers, ont pour nom Paul Thalamas (1871-1961), Eugène Herbodeau (1899 -1979) et Joseph Donon (1888 - 1982).

Paul Thalamas travailla avec Escoffier à Londres, pendant quinze années, avant la guerre de 1914. Il fut avec lui au Savoy puis au Carlton. Ensuite, Escoffier et Ritz lui confièrent le rôle de chef de formation des brigades dans les hôtels que la Société Ritz Development ouvrit à Rome, Berlin, Salsomaggiore, Le Caire, Francfort.

Eugène Herbodeau fut chef de partie au Carlton de 1912 à 1914 et y retourna après la guerre en 1919. En 1920, il fut chef au Ritz Hôtel, à Londres. Puis il revint au Carlton en 1928, prendre la place prestigieuse de chef, celle qu'avait illustrée son maître.

Dans les années 30, il ouvrit, à Londres, son propre restaurant, "L'Ecu de France" dont il fit une maison de premier ordre, fréquentée, pendant la guerre de 1940, par "les Français de l'étranger" auxquels il rendit de grands services.

 

Mise en place

Thalamas et Herbodeau furent les biographes d'Auguste Escoffier.Ils publièrent, un livre, à Londres en 1956 : "Auguste Escoffier, le grand maître de la cuisine française". C'est dans leur esprit que naquit alors le grand projet, celui de créer, dans sa maison natale, un véritable mémorial à la gloire d'Auguste ESCOFFIER, et de prolonger son oeuvre et son éthique, celle de la permanence de la cuisine française.

Le mécène : Joseph Donon (1888 - 1982) fut remarqué par Escoffier au château du Marquis et de la Marquise de Panisse-Passis, en 1906, à Villeneuve-Loubet où il était jeune commis de cuisine. Escoffier l'ayant invité à venir travailler à Londres, le jeune Donon s'y rendit. Escoffier l'engagera en 1907, au Carlton, et l'enverra ensuite, en avril 1912, à New-York comme chef de cuisine du roi de l'acier : Henry Clay Frick. Joseph Donon y restera jusqu'en 1914, reviendra en France pour y être mobilisé et dès la fin de la guerre, retournera aux U.S.A., où il s'était marié. Il y fera une extraordinaire carrière de chef de cuisine et intendant dans la famille Vanderbilt, et sera le promoteur aux Etats-Unis de la cuisine française, celle d'Escoffier.

Lorsque l'idée naîtra d'une Fondation à la mémoire d'Auguste Escoffier, c'est lui qui en sera le mécène. Il financera, à partir de 1960, l'achat de la maison natale d'Escoffier à Villeneuve-Loubet, puis les transformations, les aménagements pour en faire un "Musée de l'Art Culinaire" et ensuite son fonctionnement.

N'ayant pas eu d'enfant, il léguera à la Fondation  les revenus d'un fonds, avant de disparaître en 1982.